Session dans l’Yonne…

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Cygne sur l'Yonne.

C’est l’été (juillet 2016), la chaleur et présente, avec parfois des passages de Cumulo-nimbus salvateurs pour la végétation…

      Les moissons se terminent, quelques moissonneuses, parfois, encombrent encore la route.

      C’est donc en cette fin de juillet que j’ai décidé de faire ma première session en rivière. Cela ne veut pas dire que je n’ai jamais pêché la carpe en rivière, mais les souvenirs en sont si lointains à présent, et les résultats tellement maigres, que je ne peux pas dire que j’ai déjà pêché en rivière…
Bon uniquement en Seine sur un même secteur, et pas plus de 3 ou 4 fois, sans grands résultats, je crois une seule carpe, une commune…

      Je jette donc mon dévolu sur un secteur ouvert à la pêche de nuit sur l’Yonne.
Cet affluent de la Seine qui, cela dit en passant, aurait du être LA Seine, à cause de son débit plus important à leur confluence.

Secteur sinueux à souhaits, avec des zones canalisées, des enfilades de méandres qui m’ont attirés au plus haut point.

      Je suis donc arrivé sur le secteur choisi, de bonne heure. Les moustiques, omniprésents, m’assaillirent dès que je sorti de la voiture ! Un rapide tour d’horizon, me donna un début de confirmation quant à la tranquillité du lieu. Quelques promeneurs, quelques cyclistes et rien d’autre à cette heure matutinale.
J’avais pu repérer grâce à Google Maps et Panoramio, un site qui me paraissait adapté, il me suffisait de traverser en bateau pour l’atteindre.

Yonne à Chicheri

      Je préparais donc mon « zodiac » de 3 mètres, et faisait d’abord passer mes seaux de graines, j’avais prévu large, 20 litres de lupin, 20 litres de fèves, et 60 litres de noix tigrées (tiger nuts)…
Puis je revenais chercher le reste de mes affaires, j’accostais le cœur léger et serein, la rivière était très calme… Il n’avait pas plu depuis pas mal de temps, sa température dépassait les 22° C.

J’ai ainsi pris mon temps pour m’installer…

J’aime bien prendre mon temps, me mettre à la « température » d’un lieu, m’assoir, humer l’air, voir s’il y a de l’activité de surface, bref faire connaissance avec le bief…

…Le temps s’étire se dilate, il se remplit plus. Les pensées et les actes sont en corrélation, les pieds s’ancrent dans la terre, la tête suit la course des nuages, le soleil d’été darde ses rayons…

      Quoiqu’il arrive, quel que soit le temps, je commence toujours par monter mon parapluie, j’y installe mon lit, et mon atelier de montage (ma petite table) 🙂 , j’y range mes sacs, et autres… C’est seulement après que la pêche prend toute sa place.

Arbre sur le haut-fond

Haut-fond avec arbre échoué

      Sonder les fonds me prit une petite heure, je faisais des traversées perpendiculaires à la rive, des diagonales. Cela me permis de me faire une « image mentale » des fonds sur une ouverture d’environ 200 mètres. Sur ma gauche, vers l’aval, je trouvais une fosse qui descendait jusqu’à près de 7 mètres, en allant vers l’amont. Face à mon « antre », cela remontait vers 5/5.50 mètres, avec un petit palier vers 4 mètres très près de la rive. En remontant plus en amont encore, il y avait un grand arbre mort visible, dont quelques branches dépassaient… C’était un haut-fond (peut être une ancienne île?), remontant vers 3/3.50 mètres. Les profondeurs maximales de chaque côté de cet « obstacle » atteignaient à peine les 4.50 mètres, ce qui suffisait pour les péniches de faible tirant d’eau, ainsi que pour les petits bateaux de tourisme qui croisaient sur le secteur.
Sur la droite, donc côté amont, un très grand arbre tombé se trouvait à l’extrémité d’un banc de nénufars, ce banc faisant une bonne trentaine de mètres de long, sur 10 mètres. La plus grande profondeur au ras des nénufars, atteignait les 2.50 mètres, suivit d’une cassure qui descendait jusqu’à plus de 4 mètres très rapidement. Voilà brossé le profil du spot, j’allais devoir apprendre à exploiter toutes ses possibilités, avec le peu d’expérience que j’avais derrière moi.

      J’avais prévu un amorçage conséquent, il fallait mettre en place la stratégie, je mettrais 2 cannes face à moi. Amorçage lourd aux noix tigrées, montages avec deux tubercules, et un dumble flottant. Sur l’aval j’amorçais aux graines de lupin et aux fèves sur le tombant, et pêchais au chapelet de lupin, 3 graines sur le cheveu. Pour l’amont, la limite des nénufars, c’est uniquement à la fève que j’amorçais, et mettais une fève sur le cheveu.

      Bien sur rien ne se passa durant cette journée, j’assistais aux premiers passages de péniches, ainsi que quelques bateaux, plus ou moins grands, de tourisme fluvial. Sur ce bief les péniches étaient rarement surchargées, et leur passage ridait à peine la surface de l’eau, et ne semblait même pas brasser le fond du lit de la rivière… J’attendais donc le soir pour faire des rappels à la graine…

      Les carpes semblaient absentes en journée, aucune activité visible, aucune « tape » sur les montages, j’attendais donc le crépuscule avec impatience, non pas pour le réveil des moustiques, non ! Mais pour savoir si j’aurais la chance d’avoir ma première carpe de l’Yonne… 🙂

…Extérieur nuit…

      Je fus, tout d’abord, extirpé du « bed » par un premier départ, vers 23 heures, et à ma grande surprise je mettais à l’épuisette un silure qui dépassait mon précédent record de 2 kilos, celui-ci passant ainsi à 7.6 kg ! 😀

Silure de 7.6 kg

Silure de 7.6 kg

      Ma surprise venait surtout du fait que je n’attendais pas du tout à voir un « moustachu » mordre sur un montage esché d’une fève !!!


Bref je relançais et allais me recoucher…

Vers 3 heures une série de bips me sort de ma torpeur, j’enfile mes sandales, je prend la canne, je la tiens enfin ma première carpe de rivière !!! Pour parer à toute éventualité (gros silure ou grosse mémé), j’ai un corps de ligne en 40/100. Le combat est rapide, et c’est une petite carpe miroir toute mignonne qui rejoint mon tapis de réception, une mesure, une pesée et la voilà repartie vers d’autres méandres. j’étais déjà content, je ne serai pas bredouille (ou broucouille, c’est selon où on se place…)

      Par la suite je fis un essai avec un reste de bouillettes que j’avais apporté, mais le fait que le premier départ soit un silure (du même gabarit que le premier), j’arrêtais là les bouillettes. Ne voulant me concentrer que sur les carpes, les graines m’ont parues être le meilleur compromis.

Café à l'italienne

Café à l’italienne

Martin Pêcheur, courtoisie Philippe Lagabbe.

Martin Pêcheur, courtoisie Philippe Lagabbe.

      Debout dès potron-minet, force fut de constater que cette première nuit, même si elle avait été active, ne m’avait pas offert beaucoup de moments de réelles sensations, je restais sur ma faim… Il était temps de se faire un bon café, avec ma « belle italienne » qui me suit depuis bien longtemps !

      Ce second jour fut calme, pas de départ ni de tape de brème ou autres blancs, j’avais tout loisir de contempler, d’observer le manège des Libellules, les passages d’un missile bleu et orange…

      Les bateaux et autres péniches, rythmaient la journée, il était facile de prévoir leur passage. A chaque éclusée, le mouvement de la masse d’eau faisant sonner les détecteurs. Je savais que 15/20 mn après, le convoi arrivait. Ici un train de péniches chargées ou non…

Au clair de la Lune

Au clair de Lune…

      Là une ribambelle de petits vaisseaux pour touristes, en mal de voyages au long-court… Tout cela n’étant pas dérangeant, j’espérais bien voir un de mes détecteur s’éclairer, et sonner ! Mais rien, les poissons semblaient bouche close en journée… Attendant que Phébus passe de son point culminant et approche du couchant… La chaleur étant peu supportable durant cet été 2016.

      En attendant le coup du soir, je voyais au loin quelques sauts de poissonnets, rien de bien réjouissant, les carpes ne se montraient pas.
Je prenais mon repas à la nuit tombée, salade de tomates, pomme de terre rissolées, pêches, melon, voilà un repas estival !
Je me couchais avec l’espoir d’être réveillé aux heures indues…

Carpes dans l'épuisette

Carpes dans l’épuisette


Bercé par le chant d’un rossignol philomèle, sous la lumière de la lune pâle, je m’endormais tranquillement.

      C’est aux alentour de 23 heures que tout se précipita ! Je fut arraché à mon assoupissement, je m’extrayais séance tenante de mon duvet…

À la prise de contact, il paraissait évident que l’engin qui tirait de son côté n’était pas plus qu’un carpillon de quelques étés, 10 à tout casser… Approchant du triangle d’or, un bip me fit sursauter ! Étant en contre-bas des supports, ma frontale éclaira la canne qui donnait de la voix, je la vis se cintrer, et la bannière remonter le courant. Je me dépêchais de mettre cette « petite » commune dans le filet, et m’empressais vers l’autre canne !

Carpe de 21.6 kg      Là ce fut une toute autre affaire, le blank compressé par la traction… Mon bras m’indiquait que le morceau à l’autre bout n’était pas du même gabarit, sans rush et sans grand combat (se fiant à sa masse), pour finir, la carpe se rendit !
Je me retrouvais donc avec deux spécimens dans l’épuisette… La première, une carpe commune fut vite mesurée, photographiée et pesée…
Sa remise à l’eau fut rapide et cette mémé s’enfonça dans l’onde. À la lueur de ma frontale, je la vit disparaitre…

      Il était temps de s’occuper de sa consœur d’infortune, celle-ci arborait un embonpoint faramineux ! Indiquant que la fraie n’avait pas totalement aboutie, et que nombre de gamètes étaient encore présents dans ses ovaires. Il fallait donc la traiter avec égard pour éviter des dégâts dans cet abdomen rebondi… La mesure m’indiqua 97 cm !!! o_O Quand à son poids, je ne pensais pas capturer une carpe d’aussi belle taille avant longtemps ! Un an presque jour pour  jour après avoir recommencé à pêcher les carpes, et me voilà devant ma première de plus de 20 kg !!!
Moment magique, le peson m’indiquait 21.6 kg !!! J’étais en transe !
L’âme en paix, je repensais à ce départ, à ce don de la rivière, c’est quand on s’y attend le moins que les choses arrivent… Mon duvet m’attendais, et plus rien ne se passa durant le reste des heures ténébreuses.

Péniche sur l'Yonne.

Péniche sur l’Yonne.

Lièvre coureur.

Lièvre coureur.

Jeune écureuil curieux.

Jeune écureuil curieux.


Comme les deux autres jours, la journée fût calme, le passage des marins d’eau douce étant la seule distraction…

      Comme il importe d’être matinal (c’est au lever du jour que la nature nous dévoile, une part de ses secrets). J’ai pu observer; là les lièvres coureurs, ici un chevreuil farouche, ou un renard en maraude, sans parler d’un écureuil curieux… Lui c’était lors de ma deuxième session sur le secteur, session qui s’était soldé par un zéro pointé, en ce qui concerne les carpes !

       La troisième nuit m’apporta son lot, une carpe commune fougueuse en diable, me donna du fil a retordre, des rushs dantesques (malgré le 40/100), un combat épique, fait de remontées du courant, de descentes de ce même courant, bref tout ce que l’on souhaite lorsqu’un départ se produit ! Elle avait quelques ulcérations qui furent traitées au Permanganate de potassium

Carpe commune de 12 kg.

Carpe commune de 12 kg.

 Je fut heureux de cette prise de contact avec l’Yonne, le courant était passé… Même si mon deuxième essais fût infructueux, il m’en aurait fallu bien plus pour de dissuader d’y revenir, je ne sais quand cela sera, mais je m’y prépare, nous verrons bien.

Calopteryx splendens sur canne à carpe

Calopteryx splendens sur canne à carpe

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