À la découverte de Rabodanges

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</p> <h1>Session à Rabodanges</h1><p>

C’est au sortir de l’hiver que j’ai abordé les rives de ce barrage normand, qui m’était inconnu.

Putanges-Pont-Écrepin.

Putanges-Pont-Écrepin.

CarpesAutrement appelé le lac de Putanges-Pont-Écrepin, c’est le plus grand barrage de Normandie. Il s’étire sur près de 6 km (du barrage à la mise à l’eau de Putanges). Réalisé sur le cours de l’Orne, le Barrage du Plessis n’est pas très haut, et sa profondeur n’excède pas les 17 mètres, sa largeur maximum est de 180 mètres. Il serpente dans une vallée peu encaissée, à l’orée de la « Suisse Normande », où alternent forêts, bocages et petits villages. Ses rives sont généralement faites de pentes douces et verdoyantes, avec quelques rares parties abruptes et  rocheuses.
Le lac est scindé en trois parties, deux où la pêche de nuit est ouverte sur les deux rives, et une (centrale) réservée au tourisme, et à la navigation de loisir (bateaux à moteurs, scooters etc.). Le secteur le plus grand se situe en queue de lac et fait environ 2.4 km de long, le second se trouve avant le barrage et mesure 1 km environ.

Lac de Rabodanges / Putanges Pont Écrepin

Lac de Rabodanges / Putanges Pont Écrepin

Secteur de pêche de nuit (amont)

Secteur de pêche de nuit (amont)

Secteur de pêche de nuit (aval)

Secteur de pêche de nuit (aval)

 

Pour ma première session, session de découverte, j’ai eu l’opportunité de prendre quelques jours aux alentours du 14 mars 2017. Les jours précédents avaient été pluvieux, et les quelques renseignements que j’avais récolté, m’indiquaient que la queue du lac était normalement adaptée en cette saison, les carpes cherchant leur nourriture dans la zone de l’ancien lit de la rivière (Orne)…
J’ai donc trouvé un endroit où m’installer dans le premier virage en partant de Putanges. Une vue assez large devait me permettre d’observer si les poissons se montraient, ici ou là.

Le temps était maussade, pas trop froid pour la saison, avec des brouillards matinaux. La température de l’eau dépassait les 10° C. en journée.

Lac de Rabodanges

Bien installé, le cœur léger j’ai donc attendu que les poissons réagissent à mes amorçages, des bouillettes de  20 mm ou noix tigrées selon les spots… Brouillard à Rabodanges.Dès le lendemain, je devais me rendre à l’évidence, soit je pêchais mal (mauvais choix des spots, appâts inintéressants pour les carpes), soit les carpes n’étaient pas actives, aucune tirée, rien, pas un bip !

Bref je me posais beaucoup de questions, d’autant plus qu’aucun mouvement (marsouinage, saut, fouille) n’était visible dans mon champs de vision… Le deuxième jour idem… 🙁 Bref les choses étaient mal embarquées… C’est le dernier jour que j’ai appris que cette partie du lac était à sec depuis 6 mois et que l’eau ne l’avait envahie que les jours précédents mon arrivée ! Je pense que les carpes n’étaient pas encore remontées dans cette partie, lorsque j’y amarrais mon bateau… Ma session touchant à sa fin, et étant capot, je me jurais d’y revenir rapidement pour, enfin, faire connaissance avec les belles carpes communes que recèle cette retenue…

…      …     …

Maintenant nous sommes à 4 jours du départ…

Bouillettes au séchage.

Bouillettes au séchage.

      Les préparatifs vont bon train, roulage de bouillettes, vérification du matériel, ne rien oublier. Lorsqu’on est loin de tout, il vaut mieux parer à toute éventualité (prévenir vaut mieux que guérir…). Par exemple, j’ai toujours un moulinet et un détecteur en supplément, une bobine de fil neuf, etc. « au cas où » (mais ça c’est la base de toute session)…

…      …     … Enfin de retour à Putanges,

Brouillard à rabodanges.

 la mise à l’eau s’effectue dans le brouillard, visibilité très réduite, je suis obligé de longer la rive. J’ai prévu de m’installer dans le fond du virage suivant ma précédente session… Mais quand j’arrive à distance, j’aperçois deux bivvys en place… Je décide donc de pousser plus loin, et accoste juste après la forêt sur une étendue herbeuse. D’ici le panorama me donne une large vision sur le secteur (mais je ne verrais et entendrai pas grands chose de plus que les montées de chevesnes…), je m’installe donc, confiant. Le temps passe au très beau, et des températures de plus de 20°C. sont dépassées dans les jours suivants, la température de l’eau monte jusqu’à dépasser les 15°C.

Vaches et leurs veaux à Rabodanges.

L’installation est rapide, sur ma droite, une grande anse avec des pâturages où des vaches laitières viennent paître, en face des prés où des vaches, suivies de leurs veaux viennent tremper leurs sabots, à ma gauche un tombant, avec un ancien chemin qui le longe, d’après les cartes trouvées.
L’écho-sondage me permet de situer clairement l’ancien lit de la rivière, tout le reste est une pente douce, voir un plateau. Aucun obstacle ne se démarque vraiment dans ces « plaines » sub-aquatique et cela rend difficile le choix des spots.
Mon premier choix est naturellement un arbre mort, côté tombant et ancien chemin en « extrême bordure », un autre ira plus loin mais décalé vers la cassure du bord du chemin, vers le large… Un spot sera placé au hasard pour cette première journée, et un autre exploitera un secteur censé être une ancienne île, mais où rien n’apparaît vraiment, sauf un plateau dont la profondeur varie peu, dans 2.50/2.70 m, le lit de la rivière franchissant la barre des 4 m. de fond…

 

C’est le montage à la tubercule de souchet (noix tigrée), en extrême bordure qui me réveille la première nuit, enfin je vais voir un poisson de ce lac !
Une jolie commune cuivrée vient tremper mon matelas de réception, et je suis content, la nuit est fraîche, je me couvre un peu plus… Et elle rejoint sont élément rapidement… Quelques heures plus tard, sur le même montage, sa « grande sœur » viendra s’allonger sur le matelas, et rejoindra tout aussi rapidement son élément, une bonne petite première nuit où les particules ont fait office d’aimant à carpes.

En fin d’après-midi du deuxième jour, une nouvelle commune me sort de ma torpeur, pour mordre sur l’esche végétale présentée sur cheveu (2 graines et une dumble flottant, pour décoller le montage), je lui rendais sa liberté, elle s’en alla tout doucement et disparue.

La nuit fût des plus calme et aucune touche ne vint me réveiller, à l’aube des volutes ondoyaient sous les souffles des convections thermiques, quelques petites trombes de brume se formaient, ici où là, au gré des conflits de masses d’air… Surgit de nulle part le bateau restaurant, navigant sur le lac, fit une apparition fantomatique, et disparu, le bruit de ses moteurs s’estompant dans le lointain.

Sous un soleil de plomb, les carpes sont en cuivre.

 

De belles journées d’avril s’annoncent, un soleil de plomb vient réchauffer les couches superficielles de l’eau qui monte, ces jours là, jusqu’à près de 18°C.
Mais malgré cela, la seule activité de surface, visible, sont les sauts de ce que j’identifie comme étant des Chevesnes, quelques poissons qui « mouchent », mais aucune carpe ne

vient crever la surface. Ce n’est que la dernière nuit que j’ai pu entendre, enfin, quelques sauts dans les environs, dont un juste sur l’arbre mort, peu de temps avant un départ…

 

 

L’attente continue, certaines parties du corps prennent une teinte « écrevisse », il faut se couvrir pour éviter les brûlures… Des visiteurs inattendus, viennent me tenir compagnie, et c’est tout ronronnement, queues dressées, câlins, miaous… Pas farouches les matous !!!

Carpe commune de Rabodanges.

Pleine lune à Rabodanges.Le soleil darde ses derniers rayons, et la tartine de miel, Séléné, pointe le bout de son nez, elle est pleine (ce qui n’est pas toujours bon signe…). Peu après la mi-nuit, je serais extrait de mon duvet par une départ tonitruant à la graine, encore une jolie commune ! Il faut savoir que ce lac est à 90% peuplé de carpes franches, et 10% de miroirs longilignes.
Puis suivront dans la journée 3 carpes de plus de 10 kg. Celles-ci ont été capturées sur un secteur de haut-fond (l’ancienne île), l’ancien lit de la rivière démarrant vers 4,50 m., remonte vers 2,50/2,70 m.
Là tout est quasiment plat, et je trouve une souche qui dépasse, ni une ni deux, un repère est placé, une poignée de bouillettes, le montage, et c’est là que je capturerais les plus massives de la session. Avec des départs de jours comme de nuit, la plus belle commune me gratifiera d’un combat digne et puissant, ne se rendant qu’après une âpre défense…!

Nous sommes en avril (ne te découvre pas d’un fil…) et, si les journée sont belles et chaudes, les nuits n’en restent pas moins fraîches, avec un point de rosée rarement atteint, et la gelée se dépose sur certaines éminences de terrain, sur tout ce qui est synthétique aussi. Manger bien chaud et avoir une bonne protection thermique est encore nécessaire à cette époque de l’année.

Ce qui est agréables sur le lac de Rabodanges, c’est son cadre pastoral, le matin, les troupeaux sont lâchés, et je m’amuse de voir les petits veaux qui se dégourdissent les pattes, en faisant la courses, en faisant des « bons de cabris », ou s’affrontant dans des joutes frontales sans conséquence fâcheuses.

Panorama à Rabodanges.

Dans l’eau il y a des prédateurs, mais aussi au dessus de l’eau. Prédateur piscivore par excellence, le Balbuzard est vraiment spectaculaire. Observer cet oiseau, qui est plus grand qu’une buse, en pêche est inoubliable… Ses stations en vol « en saint esprit », tel un émouchet, sont fascinantes. Mais que dire de ses plongeons en piqués, et l’impact avec l’eau lorsqu’il brise la surface pattes en avant, et ressort avec une Brème dans ses serres !!!
Ont peut également voir le Faucon hobereau en chasse, qui peut attraper une hirondelle en vol !!! Et le cri des buses, vient rompre le silence entre deux beuglements…

Des Loutres sont présentes, mais timides, je n’en ai pas vu l’ombre d’une…

Vaches s'abreuvant à Rabodanges.Pêcher là où un « amorçage » naturel se fait, me semble normal et j’ai donc tenté une approche en bordure, là où les vaches viennent boire, et par la même occasion en profitent pour se délester de quelques kilos de végétaux digérés… Mais cela n’a rien donné… Il fallait essayer.

Les carpes continuant à mordre sur certains spots, j’ai continué à faire tourner celles qui ne donnaient rien. Autres bordures, mais aussi l’ancien lit, qui finit par me donner quelques résultats, et où deux carpes engamèrent le dernier jours, dont la première miroir de la session.
Une population de silures est présente dans le lac et je m’attendais à en voir un tôt ou tard, avec mes bouillettes de 24 mm, à composition carnée, mais que nenni, pas une moustache n’est apparue durant toutes ces journées et nuits… Et c’est tant mieux, je pêche la carpe, pas le silure. 🙂

Voilà, c’est donc une belle petite session de 6 jours qui s’est achevée sur un bilan positif, près d’une quinzaine de carpes ont été capturées et remise à l’eau. D’après les informations collectées, les carpes de 6/8 kg sont issus de la fraie de 2003 (canicule), les plus grosses (11/15 kg) sont issues de poissons de souches de la rivière, dont la morphologie se rapproche plus des « torpilles » que des « vaches ». Ici il ne faut pas espérer faire de très grosses carpes, mais au moins ce lac oblige à une approche ouverte, c’est une bonne école de « traque ». Trouver le bon endroit sur de telles étendues planes, n’est pas toujours simple, mais il suffit d’une petite excroissance, ou d’une cassure dans le paysage pour que cela servent de repère et que les carpes viennent y patrouiller régulièrement… Les arbres tombés étant toujours des « hot-spots » à ne jamais négliger.

Merci à Romano pour les informations précieuses qu’il m’a transmises. 😉

Au revoir Rabodanges.

Au revoir Rabodanges.

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